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jeudi 5 mars 2015

Recréer pour récréer ? Reconstitution historique et cultures visuelles et matérielles anciennes [journée d'études/workshop]


Mercredi 15 avril 2015 
9 h 45 h - 17 h


« Reconstitution historique », « simulation historique » ou « histoire vivante » sont autant d'expressions qui désignent des pratiques de recomposition du passé, à travers un événement marquant de celui-ci ou le mode de vie militaire ou civil d'une période donnée. Très vivantes dans les pays anglo-saxons (historical reenactment, living history), ces pratiques sont en plein essor en France. Les acteurs y sont de plus en plus nombreux, avec une prédilection pour le Moyen Âge. Une « Association pour l'histoire vivante » s'est créée pour en faire la promotion et diffuse des publications spécialisées. Un magasine Vivre l'histoire est apparu début 2014.

La pratique de la recomposition physique, matérielle et visuelle du passé reste toutefois en marge du monde scientifique et académique, à quelques exceptions près (archéologie expérimentale pour la reconstitution des techniques ; expérimentation du geste, par exemple). Elle attire néanmoins depuis peu l'intérêt de chercheurs en histoire, en sociologie ou ethnologie qui étudient cette activité bien au-delà se son aspect récréatif. On appréhende ainsi à travers elle les usages et l'appropriation publiques du passé et de l'histoire (Gil Bartholeyns, 2013 ; Marilyne Crivello, 2014), les enjeux identitaires et mémoriels (Audrey Tuaillon-Demesy, 2013), les dispositifs et méthodes de simulation historique (programme « Toutes époques confondues : la simulation historique et ses méthodes » du Labex « Les passés dans le présent », université de Paris 10).

Notre propos, dans le cadre du séminaire de l'axe Cultures matérielles et visuelles de l'IRHiS, est d'envisager la place de ces dernières dans les pratiques de reconstitution historique. Une grande partie de ces activités passe en effet par la re-création des cultures matérielles de la période appréhendée par les reconstituteurs. La culture matérielle d'une époque donnée fonctionne en effet comme le signe ou marqueur visuel du temps historique recréé, sans lequel la simulation ne peut s'opérer. La reconstitution des costumes historiques servira d'étude de cas pour notre séminaire en 2015.

On s'interrogera sur les points suivants :

§  Les pratiques et usages de la recréation historique : diversité des pratiques, moteurs et interprétations

§  Les méthodes de recherche et de reconstitution technique employées par les reconstituteurs

§  Les liens possibles entre la recherche académique et la reconstitution historique


Organisation : Isabelle Paresys, maîtresse de conférences en histoire, IRHiS - CNRS, dans le cadre de l'axe « Cultures visuelles et matérielles » et de son séminaire doctoral


PROGRAMME


9 H 45 : Introduction à la journée (Isabelle Paresys, Irhis)

10 h

Isis Sturtewagen
Université d'Anvers, Belgique, doctorante en histoire médiévale

From bonnets to buttons; the relevance of recreating historical dress as academic practice

11 h 30
Audrey Tuaillon Demésy
Université de Franche-Comté, UPFR des sports, maître de conférences en sociologie

L'histoire vivante médiévale, entre costumes et culture matérielle


13 h : déjeuner


14 h
Stephanie Selmayr
Past Pleasures Ltd. & Historic Royal Palace, Grande-Bretagne

Bringing history to life : re-creating historical Renaissance garments


15 h 30
Martine Teunissen et Loïc Benot
Beleef Het Verleden/Experience the Past (Pays-Bas) et "De Pied en Cap", agences d'interprétation du patrimoine, Paris

Reconstitution vestimentaire, gestion des sites et médiation sur les sites patrimoniaux et musées

17 h fin de la journée



lundi 27 janvier 2014

Le vêtement avant l'an mil [journée d'étude] [Bruxelles, Belgique]

Le groupe groupe de contact FRS-FNRS Translatio. Antiquité tardive – haut Moyen Âge (IVe-Xe)" organise sa premier journée d'étude sur le thème du "Le vêtement avant l’an Mil. Clercs et laïcs, aristocrates et humbles au crible des sources historiques et archéologiques".

Elle se tiendra à l'auditorium des Musées royaux d'art et d'histoire, à Bruxelles, le vendredi 3 mars 2014. Pour en savoir plus (programme et modalités d'inscription) cliquer ICI.

lundi 28 octobre 2013

Autour de Rose Bertin : Les marchands de mode à Paris [Journée d'étude, Paris]

Marie-Jeanne Bertin, dite Rose, la marchande de modes d’origine picarde de Marie-Antoinette, est la Coco Chanel du XVIIIe siècle. Son itinéraire singulier est emblématique de celui d'une représentante du sexe « faible », de surcroît issue du peuple, devenue par ses propres talents une créatrice et une femme d’affaires, en un domaine promis à un grand avenir (d’ailleurs plutôt masculin), celui de la haute couture parisienne.

Une après-midi d'études commémorative sera consacrée à Rose Bertin (morte en 1813) le 17 décembre 2013, de 13 h 30 à 18 h, aux Archives Nationales, Hôtel de Soubise, 61 rue des Francs-Bourgeois à Paris.

Inscription préalable obligatoire et participation de 10 € demandée. Préinscription à la triple adresse suivante : michellesapori@hotmail.fr ; c_thepaut@hotmail.com ; rduperray78@gmail.com

Programme :


13h30-14h : Accueil et café
14h15-14h35 :
Ornements et agréments : faire la mode au 18e siècle.
Johannes Pietsch (historien du costume, Bayerisches Nationalmuseum Münich)
14h45-15h05 :
Soieries françaises, matière première des marchands de modes 1747-1789.
Lesley E. Miller (conservateur en chef, département Textile et Mode, Victoria & Albert
Museum Londres)
15h15-15h35 :
La boutique de mode au 18e siècle : Le mannequin de Mlle de Saint-Quentin, rue Saint-Honoré à Paris.
Corinne Thépaut-Cabasset (chercheur, HERA/V&A Fashioning the Early Modern: Creativity and
Innovation in Europe 1500-1800)
15h45-16h05 :
Avant Rose Bertin, La Duchapt
Michelle Sapori (historienne et biographe de Rose Bertin)
16h15-16h35 :
De Rose Bertin à Christian Dior : de la marchande de modes à la maison de couture.
Florence Müller (historienne et commissaire des expositions Yves Saint-Laurent, et Christian Dior)
16h45-17h10 :
Clôture de la journée par la présentation d’un portrait inédit au pastel de Rose Bertin.
Une élégante simplicité : un portrait de Rose Bertin par Joseph Boze.
Barbara Lasic (attachée de conservation, Galeries Européennes 1600-1800, Victoria & Albert
Museum Londres)
17h30-18h : (sous réserve)
Pièce musicale pour violoncelle baroque donnée par l’association Jeunes Talents.

jeudi 16 mai 2013

Barbes, moustaches et toisons : jalons pour une histoire du poil ! [journée d'étude]


Journée d'étude le mercredi 5 juin 2013 de 10h à 19h

 jalons pour une histoire du poil !
Le sujet du poil pourrait apparaître superflu ou anecdotique voire même être matière à plaisanteries plus ou moins graveleuses. Considéré d’un point de vue historique rigoureux, il se révèle toutefois comme une vraie source de réflexions des plus diverses. Au-delà des modes ou des caprices personnels, le poil a toujours signifié, constitué, un marqueur visuel et symbolique pour dire le genre, la rectitude morale, le raffinement esthétique ou la puissance érotique. 

La journée d’étude du 5 juin 2013 de 10 heures à 19 heures intitulée« Barbes, moustaches et toisons : jalons pour une histoire du poil » proposera quelques perspectives dans ce nouveau champ de ce qu’il conviendra peut-être de baptiser un jour la "nanohistoire".
Les chercheurs participant à cette journée d'étude à la confluence de l’histoire, de l’histoire de l’art, de la philosophie, de la littérature et de l’anthropologie sont issus de diverses universités françaises ou étrangères (université d'Aix-Marseille, d'Ottawa, de Paris-IV...), de Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (Lycée Gambetta d’Arras) et de musées français (musée Sainte Croix de Poitiers, musée des Beaux Arts d’Arras).
Organisée par Jean-Christophe Abramovici, professeur en littérature et histoire des idées du XVIIIe siècle à l’Université de Valenciennes, et par Mathieu Mercier, chercheur en histoire du XVIe siècle au centre Roland Mousnier de l’université Paris IV-Sorbonne et chargé de cours d’histoire moderne à l’université de Valenciennes, cette journée d’étude s’ouvre à tous les publics, étudiants, enseignants, érudits ou simples curieux. 

Lieu : L'Être Lieu, Cité Scolaire Gambetta-Carnot, 21 boulevard Carnot, Arras
Pour en savoir plus, cliquer ICI.

lundi 29 avril 2013

État de la recherche en histoire de mode. Regards croisés France, Angleterre, États-Unis [journée d'étude]

Le séminaire sur la mode de l'INHTP (Institut d'histoire du temps présent) organise, le 17 mai 2013, une journée d'étude sur l'état de la recherche en histoire de la mode.


1. Pratiques & Représentations
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’avènement de sociétés dites de consommation dans les pays développés a permis une divulgation massive de la mode vestimentaire. Cette extension à une très vaste majorité de la population des pratiques et des représentations liées à la mode s’est paradoxalement accompagnée d’une baisse drastique de la part consacrée au textile-habillement dans le budget des populations de ces pays. La mode est-elle devenue un « bien commun » ?
 2. Actions institutionnelles
Les institutions publiques se sont emparées de ce nouveau « bien commun ». Les municipalités prétendent au statut de “Fashion Cities”, les musées multiplient les nouvelles expositions et les gouvernements valorisent ce « bien commun » comme axe de développement économique.
 3. Historiographie
Le Séminaire sur l’histoire de la mode de l’Institut de l’histoire du temps présent souhaite revenir sur l’historiographie actuelle d’une mode devenue à la fois « objet commun » et « objet institutionnel ». La journée d’étude du 17 mai propose de croiser les travaux de chercheurs internationaux avec les réflexions de sociologues, d’ethnologues et d’historiens notamment des entreprises.
Cette journée pourrait être le premier jalon d’un parcours interdisciplinaire qui appelle au décloisonnement pour faire de la mode un champ d’étude commun.

Lieu : INHTP, 59, rue Pouchet à Paris 75017, de 10 h à 16 h 30.

Pour le programme détaillé, cliquer ICI.

Le sens du métier : identité et organisation dans les métiers d’art et d’industrie en France (XVIIe-XXe siècles) [Journée d'études]


L' IDHE (UMR 8533-CNRS), Université Paris 8, organise une journée d'études sur:
Le sens du métier : identité et organisation dans les métiers d’art et d’industrie en France (XVIIe-XXe siècles)
Vendredi 31 mai 2013, 10h.-16h.30
Université Paris 8,  bâtiment D, salle D 143
2 rue de la liberté, 93526 Saint-Denis cedex,
Métro ligne 13 : St-Denis-Université
L’historiographie a longtemps fait de l’organisation corporative le pilier institutionnel du monde des métiers sous l’Ancien Régime, s’enfermant ainsi dans un débat opposant « corporatisme » et « libéralisme », et faisant des lois de 1791 l’aboutissement d’un long combat des libéraux contre le supposé archaïsme des communautés d’arts et métiers. Depuis une vingtaine d’années, cette vision ancienne a été complètement révisée : il importe de distinguer entre l’exercice d’une profession et l’appartenance à une corporation ; toutes les professions ne sont pas uniformément « instituées » en métiers corporés ; les réalités professionnelles sont bien plus diverses ; enfin, la dissolution des corporations en 1791 n’a pas supprimé tous les besoins organisationnels ou réglementaires, pas plus que les représentations identitaires des différentes professions artisanales. Ainsi, d’une part, la conscience d’une appartenance professionnelle a existé sous l’Ancien Régime en dehors de la forme corporative, et d’autre part, les identités de métier ont continué d’exister après l’abolition des corporations.
Cette journée d’études est consacrée au cas des professions d’art, qui oscillent entre « art » et « industrie » dans les représentations communes, et se situent précisément bien souvent en dehors du système corporatif : comment penser alors l’identité de métier, quand  le savoir-faire ne s’incarne pas dans une forme instituée susceptible de  cristalliser et manifester à la fois une appartenance collective, de découper un « eux » et un « nous » ? Quel sens, en somme, peut avoir le métier sans corporation ?

Pour en savoir plus sur le programme, cliquer ICI.
                                           

dimanche 10 juin 2012

Femme et mode dans l'entre-deux-guerres /Women and fashion in the interwar years [journée d'étude]


Le vendredi 15 juin 2012, le séminaire sur l'histoire de la mode de l'Institut d'histoire du temps présent (CNRS) organise une journée d'étude franco-anglaise consacrée à la mode pendant l'entre-deux-guerres. La journée s’interrogera sur cette période particulière de l'histoire de la mode et des femmes, en questionnant à la fois, les dispositifs de création et de représentations des modes, du point de vue français et anglais.

Pour en savoir plus, cliquer ICI.

vendredi 6 janvier 2012

Dans le cadre du séminaire sur l'histoire de la mode et du vêtement - "La mode : objet d'études ?", la séance du mardi 10 janvier 2012 (14 h-17 h), sera consacrée à Étudier le vêtement : une histoire du paraître

Interviendront :

Gil Bartholeyns, Université de Lille 3
La mode avant l’époque de la mode
Monique Chatenet, Centre André Chastel, Paris
Le roi et la reine en représentation : mythe et réalité des habits de majesté
Isabelle Paresys, Université de Lille 3
De l’habit au costume: le vêtement comme marqueur de temporalité
Corinne Thépaut-Cabasset, Victoria and Albert Museum, Londres
« Les habits du soleil » : mythe ou réalité
Répondant : Daniela Gallo, Université de Grenoble 2 Pierre Mendès-France

Lieu : 
Institut national d'histoire de l'art (salle Giorgio Vasari)
Pour en savoir plus, vous trouverez ci-joint le programme complet du séminaire.

mardi 29 novembre 2011

Costume de cour au XVIe siècle (table-ronde)


La Revue de l'art et les éditions Ophrys organisent une table ronde à l'occasion de la sortie numéro spécial n°174, consacré au costume de cour au XVIe siècle.

Mercredi 7 décembre 2011, à l'INHA, salle Giorgio Vasari, 2 rue Vivienne à Paris (accès par le 6 rue des Petits Champs)

Revue de l'Art - Costume de cour au XVIe siècle  
N° 174/2011-4

mardi 3 mai 2011

La distinction par le costume. De la fabrication à la représentation

6-7 mai 2011

Journées d’étude organisées par l’équipe d’accueil EA 4115 de l’EPHE, Histara
INHA, auditorium, 6 rue des Petits-Champs, 75002 Paris.

Programme
Vendredi 6 mai
9h15 : Accueil des participants
9h30 : Jean-François Belhoste (EPHE) et Stéphane Verger (EPHE), Introduction. Le vêtement entre histoire et archéologie.

La fabrication de l’habit
Présidence : Michel Pastoureau
9h45 : Luca Tori (Musée national suisse, Zurich-EPHE), Usages secondaires et réparations des pièces métalliques du vêtement dans les Alpes à l’Âge du Fer (VIIe-IVe siècle avant J.-C.).
10h15 : Christophe Moulherat (Musée du Quai Branly), Les vestiges de textiles et la fabrication des tissus en Grèce (IXe-IVe siècle avant J.-C.).
10h45 : Pause
11h : Tiphaine Gaumy (École des Chartes), Fabrication et commerce du chapeau, l’exemple des chapeliers parisiens au XVIe siècle.
11h30 : Jean-François Belhoste (EPHE), Les tailleurs du quartier Vivienne, faiseurs de mode au début du XIXe siècle.
12h : Discussion

Le costume distinctif
Présidence : Stéphane Verger
14h30 : Michel Pastoureau (EPHE), Les couleurs des sportifs (XIXe- XXIe siècle).
15h : Audrey Gouy (EPHE), La représentation du costume des danseuses étrusques (VIe-Ve siècle avant J.-C.).
15h30 : Pause
15h45 : Romain Barre (Université de Nantes), Le costume royal à l’époque hellénistique : revendications socio-ethniques au travers de l'exemple antigonide.
16h15 : François Queyrel (EPHE), Le costume des dieux : habiller les statues en Grèce (VIe-Ier siècle avant J.-C.).
16h45 - Discussion

Samedi 7 mai
Le vêtement mis en scène
Présidence : Jean-François Belhoste
9h : Stéphane Verger (EPHE), Vêtement des stèles, vêtement des tombes à l’Âge du Fer (Xe-VIe siècle avant J.-C.).
9h30 : Philippe Lorentz (EPHE), Des vêtements enfilés à la hâte. Observations sur les draperies dans la peinture des anciens Pays-Bas au XVe siècle.
10h : Chloé Belard (EPHE), La ceinture dans les tombes de l’Âge du Fer en Champagne : détermination ou indétermination du genre ?
10h30 : Pause
10h45 : Guy-Michel Leproux (EPHE), Les costumes dans le théâtre parisien du XVIe siècle.
11h15 : Isabelle Parizet (EPHE), Le pavillon du costume à l’Exposition Universelle de 1900.
11h45 : Discussion

Le costume des autres
Présidence : François Queyrel
14h : Frédéric Barbier (EPHE), Qui regarde quoi ? Le vêtement dans le Voyage pittoresque de la Grèce de Choiseul-Gouffier.
14h30 : Pierre Gonneau (EPHE) et Ioanna Rapti (Bibliothèque nationale), Les costumes et accessoires russes au regard des Occidentaux aux XVIe et XVIIe siècles : visions d’identité et d’altérité.
15h : Rossella Pace (Université de la Calabre-EPHE), Le vêtement féminin entre grecques et indigènes en Sybaritide (VIIIe-VIIe siècle avant J.-C.).
15h30 : Pause
15h45 : Anne Szulmajster-Celnikier (EPHE), Carnaval : thème et variations à travers les langues.
16h15 : Dominique Briquel (EPHE), Le vêtement, élément de la tryphé chez les Étrusques.
16h45 : Discussion

mercredi 27 mai 2009

Le Corps dans tous ses états


Le corps est le thème des prochains Rendez-vous de l'histoire qui auront lieu à Blois du 8 au 11 octobre 2009.

Ci-dessous une présentation du thème par Pascal Ory.

Le corps est une idée neuve en histoire. Les historiens, qui, de fait, le rencontraient sans cesse sur tous leurs terrains, ne l'ont d'abord abordé qu'avec prudence, voire avec gêne, « à leur corps défendant ». Mais désormais le mouvement est lancé. Des objets jusque là abandonnés à l'anecdote ont été reconsidérés avec plus d'ambition, dans une perspective qui unit économie, politique, culture, sensibilités. Il est devenu légitime d'étudier historiquement la cuisine ou la mode, la sexualité ou le sport, et on le fait avec le même sérieux que pour n'importe quel autre objet. Du coup, le temps est venu des premières synthèses, comme, en 2005-2006, la publication de la première Histoire du corps en langue française -appelée à un grand succès international-.
En inscrivant « le corps dans tous ses états » à leur ordre du jour, les Rendez-vous de Blois ont tenu à rappeler qu'il y avait bien des manières de faire l'histoire du corps humain. (...)

Pour en savoir plus, voir le site internet du festival : http://www.rdv-histoire.com/

jeudi 1 janvier 2009

L'historien et les modes

Enregistrement des conférences données à l’occasion de la semaine de l’histoire de l’ENS de la rue d’Ulm, consacrée à l’historien et les modes (mi 2008).

Sixième semaine de l’histoire, organisée par le Département d’histoire de l’École normale supérieure

La mode, objet d’histoire ?
 Au-delà de l’aspect "glamour" de la mode, la polysémie du terme met en question la pratique historienne. Si le métier de l’historien est de rendre compte du changement, la mode n’est-elle pas un objet privilégié pour lui ? Quelles approches adopter, cependant, pour échapper à la simple chronique et comprendre des phénomènes dont l’évolution semble s’accélérer depuis le XXe siècle (ainsi pour les modes vestimentaires) ? La mode est-elle un phénomène spécifiquement moderne ?
L’histoire sociale et économique, l’histoire du corps, l’histoire des représentations et des mimétismes, l’anthropologie, la philosophie vont se rencontrer pour aborder les modes, d’autant plus que l’historien comprend vite qu’il n’échappe pas lui-même au phénomène des modes intellectuelles. S’interroger sur la mode, c’est donc aussi porter un regard critique sur les paradigmes historiques, les choix intellectuels, les idées à la mode ou passées de mode...

Ressources en ligne

Mode, modernité, histoire (le 26 mai 2008) — Vincent Carraud et Vincent Duclert
Séance "Mode, modernité, histoire" animée par Sophie Coeuré et Béatrice Joyeux-Prunel (ENS).
Cette séance réunit les interventions de Vincent Carraud et de Vincent Duclert. Le premier propose une problématisation du concept de mode à partir de la méthode philosophique - la question centrale étant : peut-on parler des modes, peut-on parler de la mode ? Le second précise la position des historiens devant la succession des modes intellectuelles, proposant une analyse qui puise à l’histoire culturelle, à l’histoire des idées et à l’histoire intellectuelle de la France contemporaine.
Mode et sociétés : L’histoire sociale des modes – sources et méthodes (le 27 mai 2008) — Florence Gherchanoc, Valérie Huet et Anne-Marie Sohn
Mode et sociétés
Séance "L’histoire sociale des modes – sources et méthodes" animée par François Menant et Diane Chamboduc de Saint-Pulgent (ENS).
Cette séance confronte des méthodes et des chercheurs d’horizons a priori très différents, une différence qui semble plus forte que jamais lorsqu’il s’agit de recherche sur les modes vestimentaires. Florence Gherchanoc et Valérie Huet présentent une véritable méthodologie pour l’étude des modes vestimentaires dans l’Antiquité grecque et romaine. Anne-Marie Sohn aborde la question sous l’angle de l’histoire contemporaine, une période pour laquelle les sources documentaires semblent abondantes, tout en mettant en évidence les difficultés qui demeurent pour l’historien des modes dans une perspective sociale.

Mode et sociétés : La mode, un moment des années 1960 (le 28 mai 2008) — Dominique Veillon et Larissa Zakharova
Mode et sociétés
Séance "La mode, un moment des années 1960" animée par Béatrice Joyeux-Prunel et Blaise Wilfert (ENS).
L’histoire des modes s’est développée tout particulièrement pour l’étude des années 1960, cette époque où la mode, telle que nous la connaissons aujourd’hui, semble faire son apparition : lancement du prêt-à-porter, augmentation de la consommation vestimentaire, libération de la femme, multiplication des styles et des tendances, rationalisation des techniques de vente et de promotion des styles et des modes de vie, de penser, d’être, censés les accompagner.
Dominique Veillon présente ses travaux sur la mode en France dans les années Soixante, et les perspectives qui s’offrent aujourd’hui aux chercheurs intéressés par le sujet. Larissa Zakharova présente ses travaux sur la mode en Union soviétique à la même époque : l’URSS, pays prétendument sans histoire, où l’idéologie communiste récusait toute mode comme élément de la culture capitaliste, échappa-t-elle pour autant aux modes vestimentaires ?

Mode et sociétés : Mode, production, consommation (le 28 mai 2008) — Gil Bartholeyns, Eugénie Briot et Pierre Vernus
Mode et sociétés
Séance "Mode, production, consommation" animée par Claire Lemercier (IHMC) et Florence Brachet-Champsaur (IHTP).
Gil Bartholeyns présente ses travaux sur le "besoin de paraître" dans la société médiévale, sur les liens entre marché du textile et culture vestimentaire en Europe au XIVe siècle.
Eugénie Briot expose ses recherches doctorales sur le parfum au XIXe siècle et son industrie.
Pierre Vernus présente ses travaux sur la soierie lyonnaise du XIXe au XXe siècle, et plus particulièrement sur les innovations successives de cette branche importante de l’industrie française du luxe, pour survivre dans la concurrence internationale.

Mode et sociétés : La mode et la cour dans l’Europe médiévale et moderne (le 28 mai 2008) — Philippe Braunstein, Élodie Lecuppre-Desjardins et Marie-Karine Schaub
Mode et sociétés
Séance "La mode et la cour dans l’Europe médiévale et moderne", animée par Antoine Lilti (ENS) et Alban Gautier (université de Boulogne-sur-Mer).
Depuis les travaux de Norbert Elias, il est acquis que les cours de l’Europe moderne ont joué un rôle important dans la diffusion des modes en suscitant des mécanismes d’imitation sociale. Cette séance revient sur ces enjeux d’histoire sociale et politique, essentiellement à partir des modes vestimentaires, en confrontant le rôle des cours et celui des villes.
Élodie Lecuppre-Desjardins montre l’importance de la cour de Bourgogne dans la mise en place, au XVe siècle, de nouvelles habitudes vestimentaires, liées à la représentation du pouvoir et du prestige social. Philippe Braunstein développe l’exemple du "livre des costumes" de Matthäus Schwartz, document exceptionnel dans lequel un banquier d’Augsbourg, au XVIe siècle, s’est fait représenter dans les différents costumes qu’il a portés tout au long de sa vie. Marie-Karine Schaub insiste sur le rôle des cours dans la transformation des habitudes vestimentaires, sociales et architecturales, dans la Russie en pleine mutation des XVIe et XVIIe siècles.

L’histoire et les apparences : Exposer la mode et son histoire (le 29 mai 2008) — Menehould de Bazelaire, Anneliese Heinzelmann, Catherine Join-Diéterlé et Catherine Ormen
L’histoire et les apparences
Séance "Exposer la mode et son histoire", animée par Béatrice Joyeux-Prunel et Côme Fabre (ENS).
Cette séance est consacrée à une spécificité forte de l’histoire de la mode : elle travaille sur des objets. Proche en cela de l’histoire de l’art, elle fait intervenir des métiers divers : non seulement l’historien chercheur, mais aussi et surtout le conservateur de musée, dont la préoccupation n’est pas seulement de reconstituer une histoire visuelle des modes, mais également de conserver les vêtements, de les mettre en valeur et de les exposer. Dans ce cadre, la rencontre avec les professionnels de la mode est essentielle – qu’il s’agisse de marketing, de design, de politique patrimoniale pour certaines grandes maisons, ou de la fabrication des vêtements et de leurs accessoires.
Menehould de Bazelaire, responsable du patrimoine chez Hermès, Anneliese Heinzelmann, directrice des ateliers de plusieurs maisons de haute couture parisienne, Catherine Join-Diéterlé, directrice du musée Galliéra et directrice scientifique de la première chaire d’histoire de la mode (créée en 2008) à l’École du Louvre, enfin Catherine Ormen, créatrice du Musée de la mode de Marseille et commissaire d’expositions, ont accepté de confronter leurs problématiques, leurs méthodes et leurs approches de l’histoire des modes et des objets de mode.

L’histoire et les apparences : L’histoire des apparences – une mode ? (le 29 mai 2008) — Maria Giuseppina Muzarelli, Nicole Pellegrin et Georges Vigarello
L’histoire et les apparences
Séance "L’histoire des apparences – une mode ?" animée par Nadeije Laneyrie-Dagen (ENS) et Romain Thomas (université de Lyon II-EPHE).
L’histoire des apparences est-elle une mode ? Le succès des publications y afférant semble le confirmer, qu’il s’agisse de l’histoire du corps, de celle de la sexualité, ou du renouveau de l’histoire de l’art sous l’impulsion des visual and cultural studies. Qu’elle soit une mode, cependant, n’enlève rien aux exigences de méthode, de rigueur et d’innovation qui pèsent sur ceux qui veulent s’y consacrer.
Spécialiste de l’histoire de l’hygiène, de la santé, des pratiques corporelles et des représentations du corps, Georges Vigarello est au centre du renouvellement de l’historiographie française sur les apparences. Son intervention montre que l’histoire des modes abordée comme histoire des apparences est encore riche de chantiers non défrichés. Celle de Maria Giuseppina Muzarelli déploie les images étonnantes d’une histoire de la chaussure qui reste à explorer. Nicole Pellegrin propose une approche dynamique de l’histoire des modes comme "histoire totale", où toutes les échelles, toutes les questions, toutes les méthodes et toutes les disciplines sont requises.

lundi 17 mars 2008

Apparences. Paraître et Parures

L'ambition de cette journée, réalisée en partenariat avec la Haute Ecole Francisco Ferrer, est de soutenir une nécessaire revalorisation des Arts décoratifs, trop longtemps restreints dans des logiques descriptives. Il s'agit aussi de montrer aux étudiants toute l'importance d'une histoire du quotidien et des choses dites banales (D. Roche). Cette journée d'étude, qui est inscrite au programme de l'Ecole doctorale des Temps Modernes (ED 4), entend en outre susciter des rencontres entre nos étudiants et des créateurs.

La journée d'étude aura lieu le jeudi 17 avril 2008, à partir de 9 h 15, à l'Université libre de Bruxelles (Salle Dupréel, Institut de Sociologie, campus du Solbosch, bât. S, niv.2). Elle est organisée par Brigitte D'Hainaut-Zveny.
Université Libre de Bruxelles (ULB) - Département Histoire, Art et Archéologie

Contact : brigitte.dhainaut@ulb.ac.be