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jeudi 27 août 2015

Apparence(s) 6 / 2015 - Se vêtir à la cour en Europe (1400-1815) [revue]

La revue électronique Apparence(s) vient de mettre en ligne son numéro 6 / 2015 consacré au vêtement dans les cours européennes.

Consultable sur : http://apparences.revues.org/1295

vendredi 7 août 2015

Fashion Mix - Modes, codes vestimentaires et pratiques culturelles (revue : Hommes et migrations,n°1310- 2015)

Ce dossier édité par la revue Hommes & migrations complète la problématique de l'exposition Fashion Mix, qui s'est tenue au Musée de l'histoire de l'immigration jusqu'à fin juin 2015, et fait un état des dernières recherches sur l'influence des migrations sur les manières de se vêtir, de se coiffer, et de traiter son corps dans l’espace. L’ouverture internationale explore les relations que la France entretient à travers le vêtement avec des continents comme l’Afrique et identifie des travaux qui seraient utilement transférables dans l’Hexagone.


Modes, codes vestimentaires et pratiques culturelles
N°1310  avril-juin 2015
Coordinateur(s) : 
Anne Monjaret, Ethnologue, directrice de recherche au CNRS, IIAC-équipe LAHIC (CNRS-EHESS)Pour en connaître le sommaire, cliquer ici.

jeudi 7 mai 2015

Les toiles de Jouy. Histoire d'un art décoratif, 1760-1821 [livre]

Abondamment illustré, cet ouvrage retrace l’histoire artistique d’une manufacture qui a marqué durablement l’histoire du textile. L’étude des créations de la manufacture de Jouy et de la politique de son fondateur, Christophe-Philippe Oberkampf, nous emmène dans une aventure industrielle et artistique, bien loin de ces clichés, au cœur d’une production où art, technique et industrie opèrent de concert, sous l’instigation d’hommes de goût, attentifs aux désirs d’une clientèle diversifiée.

Aziza Gril-Mariotte, Les toiles de Jouy. Histoire d'un art décoratif, 1760-1821, Rennes, Pur, 2015. Pour en savoir plus sur le contenu de cet ouvrage, cliquer ici.

mercredi 4 mars 2015

Histoire culturelle de la mode, par Marco Belfanti [Livre]



Est paru, en septembre 2014, le très intéressant ouvrage de Marco Belfanti (université de Brescia, Italie): Histoire culturelle de la mode (édition de l'IFM/Regard).

Texte de l'éditeur :


Aujourd'hui, la domination de la mode n'aura jamais autant influencé les goûts des individus et, par là, des choix économiques qui l'érigent en force matricielle de la société de consommation. Mais la mode a-t-elle toujours existé ? Ou bien s'agit-il d'un phénomène inédit dans l'histoire ? A partir de quelle époque les hommes se sont-ils pliés aux caprices des nouveautés ?
L'Histoire culturelle de la mode souligne tout l'intérêt d'une réflexion sur ses origines, entreprise tantôt considérée comme superflue et marginale, tantôt comme achevée avec l'identification de la naissance de la mode au XIVe siècle.
Cet ouvrage dévoile les ressorts de la mode qui s'affirme comme l'une des institutions majeures de l'Europe moderne et du capitalisme, solidaire du processus de civilisation et du culte des bonnes manières. Se confronter à la généalogie culturelle de la mode, c'est remettre en perspectives son apparition, à terme son industraliation, ainis que son évolution récente, tout en dessinant les contours de son avenir.

lundi 26 janvier 2015

Se vêtir à l'espagnole dans les cours européennes (XVIIe-XVIIIe s) [livre]

VESTIR A LA ESPAÑOLA 
EN LAS CORTES EUROPEAS
(siglos 
XVI y XVII)

​Dirigido por
JOSÉ LUIS COLOMER y AMALIA DESCALZO

Con la colaboración del Ministerio de Educación,
​Cultura y Deporte


ISBN: 978-84-936776-6-4
2 vols., 844 pp., 405 ils.
La difusión de los usos indumentarios de la corte española en Europa fue un amplio fenómeno cultural que tuvo su máximo desarrollo entre 1550 y 1650 como resultado del periodo hegemónico de los Austrias en el mundo. En esta obra única se considera por primera vez el estudio interdisciplinar de los rasgos distintivos del vestido español, así como de los diversos factores políticos, ceremoniales y protocolarios que exportaron este modelo al resto del continente.
Pour en savoir plus : voir le sommaire.

mardi 30 septembre 2014

Fashion Prints in the Age of Louis XIV [livre]

9780896728578
Kathryn Norberg and Sandra Rosenbaum, eds., Fashion Prints in the Age of Louis XIV: Interpreting the Art of Elegance (Lubbock: Texas Tech University Press, 2014), 320 pages, ISBN: 978-0896728578, $46.
Between 1678 and 1710, Parisian presses printed hundreds of images of elegantly attired men and women dressed in the latest mode, and posed to display every detail of their clothing and accessories. Long used to illustrate dress of the period, these fashion prints have been taken at face value and used uncritically. Drawing on perspectives from art history, costume history, French literature, museum conservation and theatrical costuming, the essays in this volume explore what the prints represent and what they reveal about fashion and culture in the seventeenth century.
With more than one hundred illustrations, Fashion Prints in the Age of Louis XIV constitutes not only an innovative analysis of fashion engravings, but also one of the most comprehensive collections of seventeenth-century fashion images available in print.
Kathryn Norberg is a professor of history and gender studies at the University of California, Los Angeles. She has published on French history and is the coeditor of Furnishing the Eighteenth Century: What Furniture Can Tell Us about the European and American Past.
Sandra Rosenbaum is the retired curator-in-charge of the Doris Stein Research Center for Costume and Textiles, a part of the Department of Costume and Textiles, at the Los Angeles County Museum of Art, for which she developed and supervised an extensive library of primary and secondary source materials.

samedi 20 septembre 2014

Soieries: Le livre d’échantillons d’un marchand français au siècle des Lumières [livre]


Par sa grande rareté, le livre d’échantillons reproduit ici pour la première fois et dont l’original est conservé au Victoria & Albert Museum de Londres, présente un intérêt unique. C’est une véritable révélation qui offre une source d’informations capitale sur la création des soieries en France au XVIIIe siècle.
La provenance de ce livre d’échantillons est originale à elle toute seule. En effet, il fut saisi en 1764 par les Douanes anglaises qui luttaient contre les importations illégales de textiles, qu’organisaient des agents français. Nous sommes aussi en plein roman d’espionnage et de contre –espionnage industriel, comme l’explique l’auteur Lesley E. Miller, conservatrice en chef du Département des Textiles et de la Mode au Victoria and Albert Museum. Son texte vivant nous immerge dans la vie quotidienne des soyeux lyonnais des années 1760. Elle apporte un éclairage très documenté sur la fabrication et sur le commerce des textiles à cette époque qu’elle a étudiée pendant plusieurs années. L’auteur brosse également un panorama illustré de la mode et de l’usage des soieries françaises en Europe sous l’Ancien Régime.
Une analyse technique rigoureuse de chacun des échantillons confère à ce livre le caractère d’un ouvrage de référence qui satisfera les attentes les plus exigeantes. Mais c’est le charme immense qui se dégage de la partie « fac-similé » qui fait de ce livre d’échantillons, reproduit intégralement, un véritable objet de séduction. L’original, relié en carton et en parchemin ne pèse pas moins de 8,400 kg ! Source inépuisable d’inspiration, ces centaines de «morceaux d’étoffe » aux noms pleins de poésie, aujourd’hui disparus, touchent par la fraîcheur de leurs tons et la richesse des motifs.
En dehors des spécialistes et des professionnels de la mode et des textiles, ce livre s’adresse également à tous les amateurs des arts décoratifs.


lundi 24 mars 2014

Corps parés, corps parfumés [publication]


Une nouvelle revue, Artefact.Techniques, histoire et sciences humaines (CNRS Ed.) vient de publier son premier numéro. Le dossier de celui-ci, dirigé par Catherine Lanoë et Laurence Moulinier,  porte sur le thème « Corps parés, corps parfumés ».


Pour connaître la table des matières, cliquer ICI.

samedi 11 janvier 2014

Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre [exposition]


Jusqu'au 13 avril 2014, le CHRD (centre d'histoire de la résistance et de la déportation), à Lyon, explore une nouvelle facette de la vie à Lyon pendant la guerre, en se penchant sur un thème rarement abordé : celui de la mode et du vêtement.
Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre retrace l’énergie déployée par les femmes pour continuer à se vêtir avec élégance malgré les restrictions et les difficultés de la vie quotidienne.
Bien loin de la légèreté supposée du sujet, le vêtement et la mode représentent un enjeu culturel et économique important pendant la guerre et révèlent les stratégies mises en place par une société soumise à la pression des événements. Tandis que l’immense majorité des femmes, subissant de plein fouet les restrictions, récupère, recycle et transforme pour conserver allure et dignité, une minorité d’entre elles reste cliente de quelques maisons de haute couture et s’achète les robes de créateurs réputés, dont l’activité et la main d’oeuvre qualifiée sont jalousées par les Allemands. La presse féminine de l’époque se charge d’établir un lien entre ces deux manières d’être et de s’habiller, offrant aux premières les informations sur les collections et les astuces nécessaires pour suivre la mode « en toutes circonstances ».
Pour feuilleter le catalogue de l'exposition, cliquer ICI. 

mercredi 20 février 2013

Plein les Yeux ! Le spectacle de la mode / A Feast for the Eyes: Spectacular Fashions [le livre / the book]

Shazia Boucher, Anne-Claire-Laronde et Isabelle Paresys (éd.), Plein les Yeux  le spectacle de la mode / A Feast for the Eyes: Spectacular Fashions,Milano, Silvana Editoriale SPA, 2012. 22 €


Découvrez le rapport spectaculaire qu’entretient la mode avec le corps, métamorphosé par l'inventivité des créateurs comme par la splendeur des matériaux et techniques.

Reformulé au-delà de ses limites naturelles, le corps se met en scène. Ses formes et ses parures en mettent littéralement « plein les yeux ». Plusieurs silhouettes emblématiques, du XVIe siècle à aujourd'hui, rappellent combien le corps de mode a pu prendre des formes étonnantes et extraordinaires. La mode relève en ce sens de la performance, phénomène qui n'est pas réservé à nos seules sociétés contemporaines, dans le show médiatique des défilés de mode, mais qui participe bien de l'histoire des apparences, abordées dans cette publication depuis la Renaissance.

L’ouvrage se développe en quatre actes qui illustrent plusieurs aspects remarquables de ce rapport théâtral du corps avec la mode à travers la recherche de la magnificence, la mise en valeur du corps naturel ou la mise en déséquilibre de ce dernier, réinterprété par les arts du spectacle et le cinéma ainsi que par les créateurs de mode.



Discover the spectacular relationship between Fashion and the body, the unique metamorphosis made possible by the creativity of designers and the splendour of the materials and techniques they use.

Restructured beyond its natural borders, the body becomes a spectacle in its own right; its forms and adornments are a feast to our eyes. Emblematic silhouettes, from the 16th century to present day, illustrate how the fashionable body often took on strange and extraordinary forms. In this sense Fashion is about performance, a phenomenon which is not just restricted to contemporary society but is a central theme of the history of appearances, presented and examined in this exhibition from the Renaissance onwards.

The book is divided into four sections which illustrate the remarkable theatrical connection between body and fashion through the quest for magnificence, the highlighting of the natural silhouette or the construction of a disequilibrium of the body, all reinterpreted by the performing arts and cinema as well as fashion designers.



lundi 3 septembre 2012

Cahiers secrets d'une costumière de théâtre [livre]


Pascale Bordet, créatrice de costumes, et Laurencine Lot, photographe de scène, ont passé leur vie dans les théâtres. Pascale Bordet est également peintre, elle habille les acteurs 
tout en les dessinant. Les coulisses n'ont plus de secrets pour elle. Pour cet ouvrage, elle sort de son atelier ses cahiers qui nous transportent dans le monde mystérieux des loges. Depuis longtemps, on n'a ni dessiné, ni peint l'histoire des comédiens et de leurs costumes, la création cachée derrière le rideau rouge. Ces cahiers secrets dévoilent cette mise en scène magique et insoupçonnable. Ce livre a pour mission de protéger cet artisanat théâtral et la continuité de ce savoir-faire unique et si particulier.

Pascal Bordé et Laurence Lot, Cahiers secrets d'une costumière de théâtre, Paris, HC éditions, 2012. (45 €)

mardi 19 juin 2012

The Tudor Taylor- Reconstructing 16th c. dress


Pour fabriquer un habit Tudor du 16e siècle, si le courage ne vous manque pas, rendez-vous sur le site "The Tudor tailor" qui vend patrons et matériaux nécessaires à cette confection. Une page de liens est consacrée aux fournisseurs de matériaux (Grande-Bretagne, USA, évidemment).

Vous pourrez même vous amuser à fabriquer des boutons ! Un bon exercice contre le stress.

Ce site internet est une initiative des auteurs d'un livre très intéressant sur la construction de ce type de vêtement de la Renaissance anglaise : The Tudor Tailor. Reconstructing Sixteenth-Century Dress, publié en 2006.


jeudi 15 décembre 2011

Revue de l'Art - Costume de cour au XVIe siècle [revue]



Revue de l'Art - N°174/2011-4

Editorial
Isabelle Paresys, Le costume en France à la Renaissance
Etudes
Murielle Gaude-Ferragu, Habit réel, habit imaginé. La reine de France en majesté, XIVe - début du XVIe siècle
Monique Chatenet, Anne-Marie Lecoq, Le roi et ses doubles. Usages vestimentaires royaus au XVIe siècle
Alexandra Zvereva, « Tout beau, tout esclatant, tout brave, tout superbe » : le vêtement dans les portraits
Margaret M. McGowan, Costumes pour la danse
Maria Hayward, Quelle influence de la mode française à la cour d’Angleterre au XVIe siècle ? “ One frenche gowne of blacke clothe of gold ”
Isabelle Paresys, De la cour de France aux petits métiers. Figures d’habits sous Henri III
Michèle Bimbenet Privat, Bijoux et costume à la cour de France
Olivier Renaudeau, Porter l’armure en France au XVIe siècle
Tiphaine Gaumy, De l’histoire du couvre-chef au XVIe siècle
Découverte
Giancarlo Malacarne, Somptueux colifichets pour la reine Catherine
Bibliographie critique
Nécrologies
Michel Laclotte, Luciano Bellosi (1935-2011)
Pierre Rosenberg, Sir Denis Mahon (1911-2011)

Se vêtir à la cour en Europe (1400-1815) [livre]

C’est à la cour, lieu du paraître par excellence, que s’exprime le plus la préoccupation des sociétés pour les apparences. Que signifie la façon de se vêtir dans cette « société du spectacle » ? Le paraître vestimentaire y est un puissant moteur de pratiques culturelles qui touchent au corps et à l’identité. Il active toute une économie du luxe et alimente la dynamique des échanges entre les cours européennes. Cet ouvrage aborde le vestiaire des princes et de leurs courtisans entre 1400 et 1815, en plein essor de la société curiale. Les souverains ont été parmi les premiers à avoir pris conscience du pouvoir de l’habit et l’ont porté au plus haut degré de raffinement. Se vêtir, c’est aussi régner et gouverner. Loin d’être figé par un système contraignant de codification des apparences, l’habit de cour se définit en fonction de la mode dans laquelle il joue un rôle décisif, notamment en matière de circulations internationales. Élément d’une culture matérielle somptueuse du passé, l’habit de cour perdure dans notre culture visuelle. Sur les podiums de la haute couture ou à l’écran, il reformule des apparences qui relevaient, en leur temps, elles aussi, de la performance des corps et des textiles.

Isabelle Paresys et Natacha Coquery (éd.), Se vêtir à la cour en Europe (1400-1815),Villeneuve d'Ascq, Centre de recherche du château de Versailles, Institut de recherches historiques du Septentrion et CEGES université de Lille 3 (collection Europe du Nord-Ouest), octobre 2011.

18,40 € jusqu’au 31 décembre 2011 (23€ ensuite)


Pour lire les compte-rendus sur l'ouvrage:


- sur Histara, par Pascale Cugy, le 31/01/2012. 


Pour ACHETER le livre, cliquer ici.


Pour en savoir plus (table des matières), cliquer ici
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Power Dressing at Court in Europe (1400 –1815)

Edited by Isabelle Paresys and Natacha Coquery

The royal court was a place to see and be seen, and nowhere has society’s concern for appearances been more visible. What did the manner of dress convey in this “society of the spectacle”? Sartorial appearance was a powerful driving force behind cultural practices relating to the body and identity. It activated a whole luxury market and fuelled the dynamics of exchange between the European courts. This volume looks at the attire of royals and courtiers in Europe between 1400 and 1815, a period that saw the rise of court society. Kings and queens were among the first to understand the power of clothing and wore it to the highest degree of sophistication. Dress was a means to govern and to rule. Far from following a rigid system of codified appearances, court dress followed the fashion of its time, in which it played a key role at home and abroad. While court dress was an important part of this sumptuous, material culture of the past, it endures in our visual culture today; on haute couture runways and on the screen, costume gives new meanings to appearance, inextricably linked, as ever, to the performance of the body and of textiles. 



samedi 10 décembre 2011

La barbe. Un sujet à la mode [livres, exposition]

L'exposition : « FIOR DI BARBA : la Barbe dans l’Art entre Sacré et Profane » [Paris - Galerie Maurizio Nobile, jusqu'au 23 décembre 2011]


Fruit de la recherche de l’antiquaire Maurizio Nobile, toutes les œuvres ont un seul dénominateur commun : la barbe et son rôle tel qu’il apparaît au cours des siècles. Des œuvres à thèmes mythologiques côtoient des peintures liées à la tradition judéo-chrétienne pour finalement guider l’œil du spectateur vers une série de portraits de personnages importants, réalisés entre le Cinquecento et l’Ottocento.


Jean-Marie Le Gall, Barbes et moustaches XVe-XVIIIe siècles, Paris, Payot, 2011. [livre]

Le sujet peut prêter à sourire. Est-ce bien sérieux pour un historien que de traiter de barbes et  de moustaches ? De nos jours où la barbe est un indice de fondamentalisme ou d'archaïsme, l'avenir est au glabre. Mais qu'en était-il sous l'Ancien Régime ? Dans la lignée d'une certaine histoire du corps, Jean-Marie Le Gall est intimement convaincu qu'hier comme aujourd'hui elle reste un identificateur social chargé de sens.
Si le glabre domine en Europe à la fin du Moyen Age, la pilosité faciale devient au début du XVIe siècle un phénomène de mode, né dans les cours princières d'Italie. Les défaites subies par la péninsule ont en effet mis à mal la virilité des Italiens, qui redéfinissent un nouvel idéal masculin et chevaleresque. Un idéal qu'incarnent à la perfection trois jeunes souverains arborant fièrement barbes et moustaches : François Ier, Henri VIII et Charles Quint. Vite adoptée par la noblesse puis par la bourgeoisie, cette prolifération du poil envahit tous les visages d'Europe pendant plus d'un siècle avant que le lisse ne l'emporte à nouveau à la fin du XVIIe siècle. Symbole des gens de pouvoir et de savoir, elle est à la fois un élément de hiérarchisation sociale, au même titre que les vêtements, de supériorité raciale, l'homme poilu européen étant forcément plus accompli que l'Indien imberbe, ainsi qu'un marqueur religieux. L'avènement d'un univers plus policé et plus civilisé, celui de la galanterie, sonne toutefois le glas de la pilosité faciale. Dès lors, la barbe semble l'expression désuète d'une masculinité arrogante et doit céder la place à la perruque, qui assure aux élites la distinction nécessaire.
A la confluence de l'histoire des mentalités, des représentations et du sensible, l'auteur nous convie à un impertinent voyage au pays de cette virilité que les hommes n'ont jamais cessé d'interroger.

Brocards des XVe et XVIe siècles [livres]

La technique des brocarts appliqués est maintenant percée à jour ! L'Institut Royal du Patrimoine artistique de Belgique vient de publier un ouvrage important sur cette technique d’imitation en relief des textiles de brocarts mise au point dans les anciens Pays-Bas et diffusée dans toute l’Europe aux xve et xviesiècles: le résultat de dix années de recherche et une référence internationale pour l’étude et le traitement respectueux de la polychromie des sculptures, des décors en relief de certaines peintures et peintures murales.

I. GeelenD. Steyaert
Imitation and Illusion
Applied Brocade in the Art of the Low Countries in the Fifteenth and Sixteenth Centuries
éditeur : Brepols, 2011

dimanche 4 décembre 2011

Tenir boutique à Paris au XVIIIe siècle. Luxe et demi-luxe [livre]


C’est de sa vitalité commerçante au xviiie siècle que Paris tire sa renommée de capitale de la mode. Cette étude propose de découvrir le fonctionnement de la boutique, noyau de l’institution marchande, en l’observant dans son quotidien et dans les réseaux sociaux et territoriaux dans lesquels elle s’inscrit. Elle présente ses difficultés, ses clients et le jeu marchand sur la qualité des produits ; l’innovation commerçante bouleverse les habitudes et les traditions. La capacité des boutiquiers à inventer un marché qualifié de demi-luxe, parce qu’il a gardé l’apparence du luxe et qu’il s’ouvre par ses prix à une clientèle élargie, est capitale dans cette dynamique. Se crée un code du commerce et de l’échange où les habitudes anciennes, le troc et le crédit, coexistent avec le changement des modes de consommation et la naissance de nouveaux besoins.

En observant la boutique sous trois angles – culturel, géographique et économique –, Natacha Coquery apporte au lecteur un formidable éclairage sur le rôle des boutiquiers dans l’élargissement social du marché et l’avènement d’une culture de consommation. Elle dépeint un monde marchand entreprenant et actif, sans en cacher les faiblesses, dans un siècle ambigu qui balance entre archaïsme et modernité.

Natacha Coquery est professeur d’histoire moderne à l’université de Lyon II, spécialiste de la consommation, du crédit et du marché du luxe au xviiie siècle. Ce livre est issu de sa thèse d’habilitation à diriger des recherches.

Préface de Daniel Roche

Natacha Coquery, Tenir boutique à Paris au XVIIIe siècle. Luxe et demi-luxe. Paris, CTHS. 28  €

lundi 8 août 2011

Histoire de la coquetterie masculine


Jean-Claude Bologne, Histoire de la coquetterie masculine, Paris, Perrin, 2011.

La coquetterie est traditionnellement considérée comme l’apanage des femmes. Il n’en a pas toujours été ainsi dans le passé, et aujourd’hui la coquetterie redevient aussi affaire d’hommes. Voici comment et pourquoi, dans l’histoire, les hommes ont le plus souvent soigné leur apparence.

« Coquetterie : Se dit le plus souvent des femmes », précisent les dictionnaires. Etonnant paradoxe, puisque la coquetterie renvoie étymologiquement au cri du coq, mâle par excellence, aux couleurs chatoyantes. Le mot apparaît au XVe siècle, mais la pratique est bien plus ancienne.

L’auteur la définit comme la recherche de singularité par l’artifice dans l’apparence. Et dans ce domaine, les hommes n’ont pas été en reste : mignons, marjolets, muguets, dandys, zazous, punks n’ont souvent au cours des siècles rien eu à envier aux femmes en fait d’accoutrements, coiffures, parfums, fards et bijoux, mais au risque de paraître efféminés .Car la coquetterie est aussi, socialement, un agent de différenciation des sexes et, individuellement, une attitude face à la vie et à soi-même. C’est ce que démontre magistralement Jean Claude Bologne en révélant, à travers l’histoire, les deux faces de la coquetterie masculine, fascinante d’un côté, répulsive de l’autre.

(présentation de l'éditeur)

dimanche 31 juillet 2011

Le corps désirable ; hommes et femmes face à leur poids (livre, 2010)


Thibaut de Saint Pol, Le corps désirable. Hommes et femmes face à leur poids, PUF, coll. « le lien social », 2010.
Résumé éditeur: Cet ouvrage appréhende le corps à travers la corpulence, caractère physique essentiel aussi bien en termes d'apparence que de santé. Variant considérablement d'un milieu social à l'autre, la corpulence est aujourd'hui l'objet d'un souci permanent et de multiples stratégies visant à se rapprocher d'un idéal, le corps désirable, incarnation de contraintes sociales et morales qui font de chacun le responsable de son poids. Guidée par la volonté de déconstruire une réalité en apparence familière, cette étude porte sur les inégalités de corpulence un regard neuf. Elle montre, en adoptant une optique à la fois pluridisciplinaire, temporelle et spatiale, combien les phénomènes en jeu dans la corpulence diffèrent selon le sexe des individus. La corpulence est, en fait, un critère de distinction sexué, qui tient moins aux différences physiologiques entre hommes et femmes qu'aux modes de représentation et de perception de leur corps dans les sociétés contemporaines. Thibaut de Saint Pol est administrateur de l'Insee et chercheur associé à l'Observatoire sociologique du changement. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et docteur en sociologie, il enseigne cette discipline à Sciences Po Paris et à l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique. Sa thèse de doctorat a reçu le prix français de nutrition Jean Trémolières.

La belle apparence (livre, 2010)


Gilles Boëtsch, David Le Breton, Nadine Pomarède, Georges Vigarello, Bernard Andrieu (dir.), La belle apparence, CNRS, 2010. 12 €

Insignes, tatouages, parures, rouge des lèvres ou des joues, vernis des ongles, teinture des cheveux, dépigmentation… Les apparences corporelles participent à notre construction identitaire. À celui qui veut prendre la peine de le lire, le corps propose aujourd’hui une vision moderne de la beauté qui lui associe le bien-être et le jeu des émotions. Sensualité, séduction, odeur, regard, contact, plaisir, convoitise, virilité et féminité : après la couleur, le genre et la sexualité questionnent aussi notre corps. À travers lui, nous interrogeons notre relation à la santé, à l’hygiène, à l’environnement. La recherche de la belle apparence repose sur un paradoxe fascinant: elle met en tension la mise en valeur de l’authenticité et le camouflage d’une partie de soi.