vendredi 17 septembre 2010

Une histoire de manteaux…Pierre-Alexis Deschamps


Du 13/09/2010 au 28/11/2010
La Piscine - Musée d'art et d'industrie André Diligent de Roubaix
23, rue de l'Espérance
59100 Roubaix

C'était à la toute fin du siècle dernier, un mardi, sur la place d'un célèbre marché lillois.
Une foule s'affairait autour d'une benne, fouillant dans un amas de tissus colorés, je m'approche…
Un homme sort de la boutique à coté, une brouette chargée de vêtements, qu'il déverse dans la benne.
Je négocie l'entrée dans le magasin.
A l'intérieur une multitude d'habits semble attendre, du sol au plafond depuis une bonne trentaine d'années.
Un papier peint à grosses fleurs bleues achève de transformer ce lieu oublié par le temps.
J'en retire tout un lot que j'entreprend s de peindre.
Des filtres à café sont utilisés en réserve, épinglés dans le dos de manière répétitive, mes doigts sont meurtris par les aiguilles.
L'ensemble est recouvert de plusieurs couches de peinture blanche, puis les filtres retirés.
Leurs formes apparaissent en tissus, évoquant un terril.
Ils atterrissent en deux groupes serrés sur les murs d'une galerie.
Le manteau joue au tableau, il en est la toile, le cintre en est le châssis, quant à la naphtaline dont j'en remplis les poches…
Depuis ils voyagent, à pied, en métro, en train, en avion, ils habitent les arbres et le s fenêtres, hantent les cimetières, les musées, les plateaux de danse...
Ici, en attendant la sortie du bain, c'est l'occasion pour eux de raconter leur histoire, une histoire de manteaux… avec des points de suspensions...

Pierre-Alexis Deschamps

mercredi 8 septembre 2010

Arts, littérature et langage du corps


Depuis 2003, le groupe « Arts, littérature et langage du corps » (université Michel de Montaigne, Bordeaux 3) poursuit un ensemble de recherches consacrées au corps, aux sexualités, aux genres et à leurs représentations dans les arts et la littérature, au sein du laboratoire et Équipe d’accueil du L.A.P.R.I.L. de l’Université Michel de Montaigne (Bordeaux 3). "Stigma" est le site internet de ce groupe de recherche. Il publie notamment des actes de colloque, tel que le colloque "La Pornographie et ses industries: un univers fantasmatique "marchandisé" ?" qui eut lieu en novembre 2009 à l'université de Bordeaux III.

Modes provinciales ?


1860-1910 : 50 ans d'élégance en Haute-Saône

(11 mai- 12 décembre 2010)

Musée départemental Albert et Félicie Demard

Château de Champlitte

70600 Champlitte

Tél : 03.84.67.82.00


Par cette exposition (environ une centaine de vêtements accompagnés d’accessoires, ombrelles, chapeaux, sacs, chaussures, corsets, jupons…) consacrée au costume féminin de 1860 à 1910, le musée souhaite mettre en évidence

cinquante ans de grands mouvements de mode. De la vogue des crinolines du Second Empire aux robes de la Belle Epoque en passant par les tournures ou « Cul de Paris », les changements stylistiques sont sans précédent.

Lorsqu’on habite loin de Paris, il est plus difficile d’entendre la rumeur des grandes maisons de couture. Heureusement des hebdomadaires illustrés permettent une grande diffusion de ces phénomènes de mode, en fournissant les patrons pour la fabrication des tenues de saisons. La présence dans les petites villes de province de nombreux artisans et commerçants (marchands de tissus, de bonneterie, couturières, modistes, corsetières, perruquiers-coiffeurs-parfumeurs), la multiplication des petites maisons de couture et la naissance de la vente par correspondance des grandes enseignes parisiennes offrent aux femmes élégantes la possibilité des’habiller au diapason de la capitale.

Trente et un de ces artisans et de ces commerçants sont recensés à Gray dans l’annuaire de la Haute-Saône en 1869 et trente trois en 1889. Des vêtements sont griffés de maisons régionales : « Dalbane » à Scey-sur-Saône, « Magot » à

Vesoul, « Janiard » à Langres, « Carrière et Bergeret » à Gray mais aussi« Barghon » à Nancy et de nombreuses maisons et grands magasins parisiens (le Louvre, la Samaritaine, le Printemps) largement dépeints par Emile Zola dans son

roman «Au bonheur des Dames ».Ce défilé de mode immerge les visiteurs dans la société des petites villes de province, d’Emma Bovary à Odette de Crécy, tout en évoquant l’émancipation féminine qui apparaît progressivement.

Pour des raisons de conservation, la présentation se déroule en deux temps : « printemps-été » du 11 mai au 30 août, « automne-hiver » du 4 septembre au 12 décembre 2010. Des gravures, des affiches et des photographies originales

provenant du musée de Pontarlier accompagnent ces magnifiques toilettes.

Un catalogue de 68 pages format 24x30 cm prolonge le plaisir.

lundi 16 août 2010

Esprit des Modes au Grand Siècle


Vient de paraître, aux éditions du CTHS, une fort intéressante édition des articles de mode du Mercure Galant pour le XVIIe siècle. Un précieux travail que celui mené à cette occasion par Corinne Thépaut-Cabasset car il sera fort utile à tous ceux qui s'intéressent aux apparences vestimentaires dans la France du XVIIe siècle.

C'est au XVIIe siècle, entre la cour de Versailles et la ville de Paris que se construit l'industrie de la mode. Au travers de sa chronique des modes nouvelles, Donneau de Visé invente pour le Mercure galant la première rubrique jamais consacrée à l'empire changeant des modes. Corinne Thépaut-Cabasset a entrepris la recension complète de ces articles enrichis d'un glossaire qui fait revivre le vocabulaire chatoyant des couleurs, textiles et confections de l'époque. En effet, que sont les couleurs prince ou cheveux, les manteaux de la Chine, les taffetas d'Angleterre, les vestales... ? Cette édition offre une documentation originale sur un sujet de la société du Grand Siècle qui préoccupa l'Europe entière.

mardi 10 août 2010

Apparence(s) – n° spécial 2011 : « De tous poils»

Appel à contributions

Apparence(s) – n° spécial 2011 : « De tous poils»

L’homme est une bête à poils, comme le dit Claude Gudin dans son Histoire naturelle du poil (2007). Il possède 3 à 5 millions de poils sur l’ensemble du corps, certes pas tous visibles, soit plus de follicules pileux que la plupart des autres primates.

Chevelure, barbe, moustache, poils, toison, fourrure, pelage, la symbolique du poil est complexe. Evocation de l’animalité, il excite le désir, ou suscite le dégoût. Fantasme érotique, célébré par les poètes et les peintres, le poil fut censuré dans le cinéma et la bande dessinée japonaise, avant d’être aujourd’hui nié par la pornographie occidentale, qui valorise l’épilation intégrale. Les cheveux longs et la pilosité naturelle, symboles des années hippies ont cédé la place au diktat hygiéniste du menton rasé et du corps glabre. Caractère sexuel secondaire, souvent interprété comme un marqueur de genre, masculin ou féminin, le poil ne s’en prête pas moins à toutes les transgressions du genderfuck.

La revue Apparence(s) consacrera en 2011 un numéro spécial « de tous poils » à la question de la pilosité et de la chevelure. Elle accueille, dans une perspective interdisciplinaire, toute proposition d’articles portant sur ces objets de représentations mentales et iconographiques. Les thèmes suivant sont proposés :

- Usages, sémiologie et symboliques

- Poil(s) et genre

- Pilosité dans les représentations iconographiques

- Imaginaires et fantasmes

- Ornements et esthétiques du corps

- Production et consommation (dépilatoires et cosmétiques)

Apparence(s) est une revue hébergée par Revues.org (http://apparences.revues.org).

Soumettre votre proposition d'article avant le 30 octobre 2010 à isabelle.paresys@univ-lille3.fr et à florence.tamagne@univ-lille3.fr .

Voir les modalités de soumission sur le site de la revue : http://apparences.revues.org/index127.html